samedi 2 juin 2018

Human nature





Nous avons un tel besoin de lumière. 
On souffre de ne pas se fondre suffisamment dans le paysage et trop souvent dans le regard des autres. 
La nature nous renvoie une image de nous puissants. Elle étend tellement le champs de nos possibles que nous nous y sentons sans limites. On ressort régénéré de cette contemplation.
Au contraire, le regard de nos pairs nous réduit. A trop nous y surveiller, on s’épuise. 
C’est le spectacle de nos peurs et de nos manques que nous donne à voir ces yeux-là. Nous y construisons l’image la plus superficielle qui soit, la moins vraie, la plus neutre. 

Heureusement, il y a les amours, les amis. Auprès d’eux, on retrouve ce que la nature sait nous offrir: une place de choix dans les bras du monde.












mardi 24 avril 2018

Je vous aime







Ces dernières années, je suis éblouie par les femmes dans ma vie. C’est comme si mon regard s’était déplacé et que je pouvais les voir, enfin, telles qu’elles sont. 
Les liens tissés avec elles, du plus mince au plus fort, m’ont appris à être heureuse de ma féminité.
Certaines sont sorties du même ventre que moi, d’autres sont des soeurs d’âme. Chacune occupe une place particulière dans la construction de celle que je suis aujourd’hui. 
J’ai longtemps manqué de modèles, peu nombreuses sont celles dont l’Histoire a entretenu le mythe. Mais le temps présent se rattrape et mes modèles sont sous mes yeux, bien réelles:

Celle qui, sous des traits d’une douceur infinie, sait témoigner d’une puissance de titan. Rien ne lui est interdit: aucune vie, aucun amour, aucun pays… Le monde lui ouvre les bras et l’encourage comme un père.
Celle qui a le courage de sa singularité et que le regard des autres atteint sans l’arrêter. Elle écoute et sait accueillir toutes les étrangetés. Dans ses yeux, nul jugement. Elle nous ouvre à tous nos possibles.
Celle qui, fidèle à ses rêves d’ado, s’est construit un métier sur mesure. Petit à petit, elle a vu grandir sa progéniture et ses projets. Elle a su, tout en devenant adulte, rester une enfant.
Celle qui, partant d’ailleurs, a réussi à se faire une place là où elle l’avait choisi, en dépit des obstacles et des doutes. Elle fait preuve, sous des allures peu assurées, d’une immense ténacité.
Celle qui crée de la poésie comme elle respire, qui a le pouvoir de se connecter aux éléments et de les incarner. Elle fait naître les images de nos pensées les plus enfouies.
Celle qui est promise à un avenir radieux, elle affronte ses peurs, change de vie et bâtit son nid. En accord avec ses idéaux, elle écrit sa propre définition de la réussite. 
Celle qui n’a pas de frontières, qui va là où son coeur la porte. Habitée, elle traverse la vie avec intensité, entre douceur et violence, rires, larmes et sérénité. 
Celle qui, d’un pays lointain, a amené toute la sombre lumière. Ses yeux noirs nous traversent et voient clair en nous. Vous l’entendez approcher au son des clochettes de ses bracelets.
Celle qui prend sa place, parle, argumente, analyse. On l’écoute, entraînés dans ce flot de paroles si bien choisies, chaque mot posé, pesé. Elle nous apprend l’éloquence.
Celle qui, par pudeur peut-être, s’efforce d’emballer la réalité avec humour et malice. Elle maîtrise l’art de faire naître au coin des lèvres de ses interlocuteurs, un sourire plein d’attente. Fais-moi rire!
Celle qui, touchée par la plus douloureuse des épreuves, sait encore rendre grâce à la vie avec le courage des oiseaux.


Et celle qui, celles qui, et les autres…  qui viendront encore, je l’espère, enrichir mon existence.


Vous êtes mes héroïnes!







dimanche 22 avril 2018

Un dimanche à ressusciter les oiseaux



Il est 13h28, dimanche
J'ai déjà:
°découvert une nouvelle couleur préférée (laque havane en gouache linel)
°sauvé la vie d'un oiseau. 
(Il gisait sur le trottoir, les quatre fers en l'air. 
On l'a rentré chez nous, pensant qu'il serait bientôt
mort et qu'il ferait un beau modèle.
Une heure plus tard, il était frais comme un gardon et
cherchait à sortir par la fenêtre.)
°posé pour mon sculpteur à qui le modèle prévu
(un autre, pas l'oiseau ressuscité) avait fait faux bond.
°écouté avec un plaisir toujours neuf, les vestiges du chaos de Christophe.
°fait deux séries de crossfit tabata (8min de pompes, ados et co.)
°mangé du fromage de chèvre avec une lichette de vin rouge


 Hallelujah!






(Profitez-en donc pour écouter Leonard, 
vous n'aurez pas perdu votre journée!)





jeudi 19 avril 2018

Trois fois rien






Les hirondelles de ma fenêtre sont revenues. Le soleil aussi semble s’installer pour de bon. 
J’irais cueillir quelques cailloux tout à l’heure, avant que bronzeurs, visiteurs et constructeurs de châteaux de sables n’investissent le territoire. 
Me dérangent-ils? 
Disons que sans eux, mon rendez-vous avec la rivière est sans entrave. 
Quand les autres sont absents, le monde n’est que roche et soleil, sable, ciel, eau et gazouillis d’oiseaux. A l’arrivée des baigneurs, la nature s’éclipse. 
Moi qui aime disparaître, je deviens tout-à-coup visible, ma solitude voyante comme le nez au milieu du visage. 
Je vais là-bas pour me couler dans le paysage et ne plus sentir l'humain en moi, que la vie. Mais les autres ne cessent de nous refléter à leur image. 

Alors je me décale dans le temps. De bonne heure, sur une poche de sable confortable, je deviens pierre parmi les pierres, insecte, branche, fleur… Trois fois rien. Je ne suis rien et c’est bon. Je me repose de moi-même et de tous les miroirs du quotidien. 











dimanche 25 février 2018




J'aime la compagnie des livres. J'ai un plaisir immense à circuler parmi eux dans les rayons des librairies. Une couverture m'attrape, j'en découvre le dos, je feuillette rapidement les pages, le temps de choper quelques mots, des bribes de phrases, puis je poursuis ma promenade. Je suis consciente que tout ce papier contient bien souvent le coeur même d'un être, sans fard. Je me déplace dans ce que l'humain a de plus beau à mes yeux: sa vulnérabilité.
Qu'il est bon d'entendre par d'autres bouches, s'exprimer nos peurs, nos douleurs, nos doutes! C'est le plus grand des réconforts. "Je ne suis donc pas seule"...
J'entre dans les librairies juste pour cette émotion. J'achète des livres pour ce frisson.
Je ne les lis pas toujours. Peut-être un jour... Il me suffit de savoir qu'ils existent;

Je ne suis pas écrivaine mais il arrive qu'un petit texte jaillisse de moi. Il nait d'une pensée ou d'une émotion, souvent en marchant... C'est un flux fragile qui se tarirait vite si je ne le saisissais pas sur le champ. J'ai toujours des petits carnets dans mon sac pour le capturer, au cas où.

Depuis 9 ans, je partage parfois ces fragments, accompagnés d'images, parfois de musique, sur un blog. Au début, une blessure d'amour m'y avait poussée. Ecrire et dessiner m'a sauvée de la noyade. Grace à elles, j'ai pu m'approprier cette histoire et mon immense peine s'est teintée d'une grande joie. Ce fut une période très contrastée, lumineuse, désespérée.
J'avais appelé mon blog "les exuvies", du nom des peaux que laissent les insectes en se métamorphosant. Les mots et les dessins que j'abandonnais là leur étaient semblables: des vestiges d'une métamorphose qui n'en finissait pas. Je me dénudais, couche par couche, je renonçais à ma pudeur pour apparaître au plus proche de l'amour qui m'animait.

C'est en souvenir de ces quelques mois qui ont tout changé que j'ai intitulé mon premier recueil "les exuvies". Il est publié aux éditions Les Fragiles.

















jeudi 8 février 2018

Au fond du fond...








J'aime les gens.
Je sais! j'ai trois verres de vin dans le nez.
Mais je fais partie de ceux qui pensent que l'alcool révèle notre vraie nature.
J'aime les gens.












mardi 30 janvier 2018

Ancrer les jours




Un an.





Je suis bien plus productive depuis que j'ai décrété que le plaisir serait mon seul maître. Faire un dessin aujourd'hui, c'est vivre une expérience. Sans ça, je ne vois plus l'intérêt d'ajouter une image aux images. L'acte de dessiner ne vaut la peine que s'il m'ancre davantage dans la vie. 


J'y suis, j'y reste.




Kate Tempest, l'intensité faite femme.